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Sommet de Paris: « La France cherche à sauvegarder son business en Afrique » (Amath Soumaré)

Initiateur du sommet de Paris pour la relance des économies africaines, la démarche de la France est loin d’être désintéressée. Bien au contraire! D’après le président du centre africain de la nouvelle économie, Amath Soumaré, « sa volonté n’est pas anonyme ». Sur le plateau de l’émission « Objection » de ce dimanche sur Sud Fm, l’économiste a répondu aux questions que beaucoup d’Africains se sont posés: « Pourquoi les Français veulent-ils faire tous ces efforts pour l’Afrique? Qu’est-ce qu’elle y gagne? ». 
 
« Toute cette volonté n’est pas anonyme », précise-t-il d’emblée. « Il y a toujours quelque chose qu’on attend. Ils ont investi tout ce qui peut leur rapporter en Afrique. Si maintenant l’Afrique périclite, leur business aussi périclite. Ils sont en train de sauvegarder leurs intérêts », analyse Soumaré. En d’autres termes, c’est sa propre économie que la France cherche à relancer à travers celles des africains. 
 
Et pour y voir clair, il faut jeter un œil sur le déficit de la France qui a atteint, cette année 2021, son niveau le plus élevé depuis 1949, 115,7% du Pib, selon l’Insee repris par Le Monde. « La France a beaucoup de déficit. Ils sont pauvres et endettés. Ils sont près de 110, 120% (115,17% du Pib, selon l’Insee, Ndlr) de déficit par rapport au Pib », argue-t-il. 
 
« Les Dts, Ce n’est pas de l’argent qu’on prend pour faire des routes »
 
S’agissant de la réallocation des Dts des pays du G20, l’économiste indique que seule la France a donné son accord pour reverser son allocation, même si, précise-t-il, les représentants des autres Etats n’ont pas objecté. Des négociations s’imposent. 
 
Toutefois, signale Amath Soumaré: « le Dts dont on parle, il a été complètement pipé ». Il s’explique: « le Dts a été mis au point par rapport à votre capacité commerciale. Aujourd’hui confrontés au contexte de la Covid-19, tous ces pays membres ont tous des déficits budgétaires. Les Etats-Unis ont fait des planches à billets, pas des millions ou des milliards mais des trillions. Un trillion c’est 1000 milliards de dollars qu’ils ont tirés. Le président disait que c’était non limite. Tout ce dont les entreprises ont besoin, ils leur donnent. Ils créent de la monnaie comme ils veulent ». 
 
Les Européens en font de même. « Ils ont mis la planche à billets avec des trillions d’euros. Les Dts c’est de la monnaie virtuelle. C’est dans les transactions internationales que ça sert. Ce n’est pas de l’argent qu’on prend pour faire des routes », signale le président du Centre africain de la nouvelle économie.

 

Source : Seneweb

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