La récente participation du président Bassirou Diomaye Faye au sommet de Nairobi continue d’alimenter les débats au sein de l’opinion publique sénégalaise. Mais au-delà des enjeux diplomatiques et économiques, c’est surtout la présence exclusive du ministre des Finances, Cheikh Diba, aux côtés du chef de l’État qui suscite interrogations, soupçons et critiques.
Le député de la mouvance présidentielle Cheikh Bara Ndiaye n’a pas tardé à exprimer ses inquiétudes face à ce qu’il considère comme des signaux politiques troublants. Selon lui, cette proximité stratégique autour des discussions financières internationales pourrait traduire une volonté de rapprochement avec certaines puissances occidentales, notamment la France du président Emmanuel Macron, dans un contexte marqué par les pressions du Fonds monétaire international sur la restructuration de la dette sénégalaise.
Pour une partie de l’opinion souverainiste, ces interrogations ne sont pas anodines. Elles ravivent une vieille méfiance envers certains technocrates accusés d’être davantage connectés aux cercles financiers internationaux qu’aux aspirations populaires exprimées lors de l’alternance politique historique de 2024.
Depuis plusieurs mois déjà, le nom de Cheikh Diba revient régulièrement dans des polémiques alimentées par des chroniqueurs, activistes et observateurs de la vie publique. Des critiques qui reposent souvent sur une perception d’opacité dans certaines orientations économiques et sur la crainte d’un éloignement progressif des promesses de rupture et de souveraineté portées par le projet politique de Pastef.
Dans ce climat tendu, les déclarations de Pape Ndiaye, de Cheikh Bara Ndiaye ou encore d’autres figures médiatiques influentes contribuent à installer un débat national sur la transparence, la gouvernance économique et les véritables orientations stratégiques du pouvoir.
Le peuple sénégalais, qui a massivement porté Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko au sommet de l’État dans l’espoir d’une rupture profonde avec les anciennes pratiques, attend aujourd’hui des actes forts, des clarifications et une vigilance accrue sur toutes les décisions engageant l’avenir économique du pays.
Le président de la République doit comprendre qu’en matière de souveraineté économique, la confiance populaire est un capital fragile. Et lorsque des soupçons, des interrogations et des critiques persistent autour d’un ministre aussi stratégique que celui des Finances, le devoir de transparence devient une exigence nationale.
