Mouhamadou Makhtar Cissé pris en flagrant délit de…falsification

Gestion à la SENELEC, ambitions politiques : Mouhamadou Makhtar Cissé devient un cas pour la République

Il est surtout interdit de rire. Il n’y a guère longtemps, la Société nationale d’électricité (SENELEC) était présentée comme étant une boîte où tout allait pour le mieux. Comme dans un conte de fées, sa situation financière au bord de l’agonie, d’un coup de baguette magique apporté par son ex-Directeur général, Mouhamadou Makhtar Cissé dépêché à son chevet par le Président de la République, était devenue reluisante.

Les services de Mouhamadou Makhtar Cissé nommé au lendemain de l’élection présidentielle, ministre de l’Energie, ne rataient pas une seule occasion de monter au créneau, pour se réjouir des performances atteintes par la société. Lors de la cérémonie de passation de service avec son successeur, Pape Mademba Bitèye, Mouhamadou Makhtar Cissé s’est même mis à pavaner : « Pour sa cinquième année consécutive, la SENELEC a connu un résultat bénéficiaire en 2016, avec un passage aux impôts de plus de 3 milliards de FCFA ». Fichtre, que tout cela est beau.

On était dans les nuages. Puis, voilà qu’on se réveille. Tout ceci n’était que du rêve. Le secrétaire général de la SENELEC, Habib Aïdara est venu nous tirer de notre sommeil, en tirant la sonnette d’alarme. La SENELEC est dans une situation catastrophique, et elle peine à s’approvisionner normalement en fuel pour ses centrales. Pire, elle doit 50 milliards de FCFA à la Société africaine de raffinage (SAR). La faute, aux yeux de Habib Aïdara à l’Etat du Sénégal qui doit à la SENELEC 247 milliards de FCFA. Ainsi l’excellente santé financière louée par Mouhamadou Makhtar Cissé, il y a trois mois, n’était que du vent. A quoi rimait donc tout ce cirque ?

Sauf que Mouhamadou Makhtar Cissé, actuel ministre de l’Energie classé par le magazine hebdomadaire Jeune Afrique, parmi les prétendants à la succession de Macky Sall au fauteuil de Président de la République, vient d’être pris en flagrant délit de falsification des résultats de la SENELEC qu’il a quittée, il y a juste trois mois. La SENELEC connait des tensions de trésorerie.

La presse avait rapporté, il y a quelques semaines de cela que le nouveau Directeur général de la SENELEC, Pape Mademba Bitèye avait réclamé un audit de la société qu’il venait d’hériter des mains de Mouhamadou Makhtar Cissé. Pour cause, il avait constaté que son prédécesseur avait gonflé les effectifs de la SENELEC. M. Bitèye s’était par la suite empressé de démentir l’information. Pourtant, des accusations sur la conduite de la SENELEC sous Mouhamadou Makhtar Cissé continuent toujours de circuler. Certaines personnes maintiennent toujours les accusations d’un gonflement des effectifs de la SENELEC sous le magistère de Mouhamadou Makhtar Cissé. Les effectifs de la SENELEC auraient augmenté de 50% en 4 ans, à cause d’un recrutement se fondant uniquement sur le « clientélisme politique », avec un accroissement de la masse salariale qui aurait doublé en trois ans.

Mouhamadou Makhtar Cissé entretiendrait ainsi un « clientélisme politique ». Une chose est sûre. Cet Inspecteur général d’Etat (IGE) a fait récemment son entrée dans le Secrétariat exécutif national (SEN) de l’Alliance pour la République (APR). Il appartient donc à un corps qui interdit à ses membres de faire la politique. Or, à notre connaissance, Mouhamadou Makhtar Cissé n’a pas démissionné de ce corps, dont la loi interdit à ses membres en activité « d’appartenir à un syndicat ou à un parti politique et, de façon générale, d’exercer des activités incompatibles avec leur statut. » Mouhamadou Makhtar Cissé risque-t-il de devenir finalement un cas pour la République ? C’en a tout l’air.

Thiémokho BORE pour xibaaru.sn

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