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Maintien du parrainage / Me Moussa Diop tance Macky Sall : « Lorsqu’on est président de l’Union africaine, il faut donner le bon exemple! »

Dans cette interview accordée à Dakaractu, le président du parti A.G/Jotna, l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk n’a pas raté le président Macky Sall sur sa décision de maintenir le parrainage pour les prochaines élections locales. Me Moussa Diop invite le chef de l’État à donner le bon exemple surtout qu’il est aujourd’hui le président en exercice de l’Union Africaine.

 

« Macky Sall doit donner le bon exemple ! »

Le leader du parti Alternative générationnelle (Ag/Jotna), Me Moussa Diop, trouve impertinente la décision du chef de l’État Macky Sall, par ailleurs président en exercice de l’Union africaine de maintenir le système de parrainage pour les prochaines élections législatives. 

Pour le juriste, le camp présidentiel ne doit pas seulement appliquer le parrainage dans des conditions qui l’arrange.  « On a l’impression à un moment donné que nous sommes dans un projet de pays avec tout ce qui a été fait depuis l’indépendance du Sénégal. J’ai entendu ma grande sœur Aminata Touré parler l’autre jour de cette question, alors que les questions qui lui avaient été posées n’étaient pas celle-là. On lui a posé la question de savoir puisque la Cedeao, en l’occurrence la Cour de justice a rendu une décision, quelle est la position du Sénégal ? Ce n’est pas ça l’utilité. 

Donc moi la question que je me pose, c’est que lorsqu’on est président de l’Union africaine actuellement, Macky Sall doit quand même donner le bon exemple en respectant  la supériorité des normes internationales sur les normes nationales, la normativité. Donc pourquoi lorsque la Cedeao prend une décision condamnant le Mali pour un blocus, le président de la République l’applique à la lettre et pourtant ça ne l’arrange pas car on y perd des milliards. Quand la même Cedeao à travers sa Cour dit que le parrainage ne respecte pas les règles en matière d’élections, il dit non je ne l’applique pas. Cherchez l’erreur ! », regrette le juriste. 

« Je ne suis pas farouchement contre le parrainage ! »

Toutefois, Me Moussa Diop de préciser que cela ne dit pas qu’il est forcément ou farouchement contre le système du parrainage. Car pour l’ancien directeur général de Dakar Dem Dikk, pour chaque type d’élection,  il faudrait des candidatures sérieuses. « Je suis un homme de droit, un avocat de profession. Je ne suis pas automatiquement ou forcément contre le parrainage parce que c’est vrai que si on laisse tout le monde compétir parce qu’ils ont par exemple l’argent, la caution sans savoir ce qu’il pèse, il est clair qu’on aura une centaine de candidatures. 

Mais il faut quand même chercher des candidatures sérieuses. C’est vrai qu’on ne peut pas permettre à tout un chacun d’aller quand il veut et venir perturber le scrutin du vote, parce qu’on cherche un chef de l’État et non pas des députés qu’on cherche mais ce n’est pas une raison pour violer la loi », a laissé entendre Me Moussa Diop joint par Dakaractu depuis la France où il mène une nouvelle vie après son limogeage à la tête de Dakar Dem Dikk.

« Dès qu’il y a une décision de justice, il faut forcément l’appliquer ! »

Mais pour le juriste, la question qui se pose c’est qu’il y a déjà une décision de justice rendue concernant cette loi du parrainage. De ce point de vue, l’État du Sénégal est contraint de respecter la loi sans aucune interprétation juridique. « J’ai beaucoup de respect pour le président de la République en tant qu’institution, mais je n’ai pas peur de lui. Je fonctionne sur la vérité et j’ai des convictions personnelles sur certaines choses et quand c’est illégal je le dis. Contrairement à la France, ce que dit Aminata Touré, la France n’a pas été sanctionnée par la Cour de justice européenne. Au Sénégal la Cour de justice de la Cedeao a sanctionné, ce n’est pas pareil. À partir du moment qu’il y a une décision supranationale que ça nous plaise ou que ça nous déplaise, il faut l’appliquer et c’est ça respecter le droit. 

Mais pas choisir quand ça nous arrange ou quand ça ne nous arrange pas, on ne le fait pas. Tout dernièrement aux élections locales vous avez entendu le président de la République autoriser les listes parallèles et arrêter le parrainage, même pas un mois après ces élections-là, il fait l’inverse pour les députés. Il rétablit le parrainage et interdit les listes parallèles, on est arbitre et partie. Il ne faut pas essayer de faire tout simplement ce qui l’arrange, il faut voir ce qui arrange le peuple sénégalais. Senghor, Abdou Diouf, Abdoulaye Wade sont passés ici. Ils ont laissé aussi un legs, il ne faut pas gâter ce pays pour des intérêts tout simplement partisans », conclut Me Moussa Diop…

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