Le Ministre de l’Intérieur Mouhamadou Makhtar Cissé viole le protocole républicain à Kaolack : polémique autour d’une visite aux foyers religieux

Kaolack, Le jeudi 16 juillet 2026, le Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, a effectué une visite dans la capitale du Saloum. Officiellement présentée comme une tournée de courtoisie auprès des grands foyers religieux (Médina Baye, Léona Niassène et Léona Kanène), cette démarche, effectuée sur instruction du Président de la République, visait à solliciter des prières pour un bon hivernage.
Dans un geste inédit et lourd de conséquences, le Ministre de l’Intérieur a foulé aux pieds les règles fondamentales de la préséance, du respect des institutions et de l’architecture hiérarchique de l’État. Au lieu de se rendre à la Gouvernance, comme l’exige la tradition républicaine et le protocole d’État, il a choisi de se loger chez le politicien Mamadou Ndiaye Rahma lors de sa visite dans la capitale du Saloum. Ce manquement grave, commis par celui qui est pourtant le premier garant de la sécurité nationale et de l’ordre protocolaire, suscite une vive indignation au sein de la population.
Selon des témoins et des observateurs présents sur place, ce choix n’a rien d’anodin. En contournant délibérément la Gouvernance, symbole de l’autorité de l’État dans la région , le ministre a transformé une visite officielle en une démarche aux forts relents politiques. La population de Kaolack n’est pas dupe : elle y voit une quête d’alliances en vue des prochaines élections locales. Un comportement assimilé à celui d’un directeur de campagne plutôt que d’un membre du gouvernement chargé de l’ordre public et de la neutralité républicaine.
Un acte d’une gravité exceptionnelle
Les règles de préséance et de protocole ne sont pas de simples formalités protocolaires. Elles incarnent le respect dû aux institutions de la République, à la hiérarchie administrative et à la séparation claire entre l’État et les intérêts partisans. En tant que patron de la sécurité nationale, le Ministre de l’Intérieur se doit d’incarner l’impartialité et l’autorité impersonnelle de l’État. Son geste est perçu comme une rupture brutale avec cette éthique républicaine.
« C’est une abomination, un véritable sacrilège contre la République », s’indignent de nombreux citoyens et acteurs locaux. En privilégiant une résidence privée et politiquement marquée, le ministre a non seulement bafoué la tradition établie, mais il a également jeté le discrédit sur la fonction qu’il occupe. Un tel précédent risque d’ouvrir la voie à une banalisation dangereuse des pratiques politiciennes au sein même des plus hautes sphères de l’État.
Colère populaire et implications politiques
La colère est palpable à Kaolack. Les habitants, habitués à voir les autorités respecter le cadre institutionnel, expriment ouvertement leur déception et leur exaspération. Pour beaucoup, cette visite n’était pas celle d’un ministre en mission de service public, mais celle d’un acteur politique en quête de soutiens électoraux. Le timing, à quelques mois des échéances locales, renforce cette perception.
Ce scandale intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions autour de la neutralité de l’administration. En se comportant ainsi, le Ministre de l’Intérieur fragilise la confiance des citoyens dans les institutions et alimente le sentiment que l’État est instrumentalisé à des fins partisanes.
Il est temps de rétablir l’ordre républicain
Face à la gravité des faits, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger la démission ou la révocation pure et simple du ministre. Continuer à occuper une fonction aussi sensible après un tel manquement constituerait un dangereux signal de faiblesse institutionnelle. Un État qui tolère que ses plus hauts responsables foulent aux pieds ses propres règles perd rapidement en crédibilité et en autorité.
Le Président de la République, garant de la stabilité des institutions, est aujourd’hui face à une responsabilité historique : restaurer l’ordre protocolaire et républicain en prenant les mesures qui s’imposent. Le peuple sénégalais, particulièrement attaché aux valeurs républicaines, attend un geste fort qui rappelle que nul, même au plus haut niveau, n’est au-dessus des règles qui fondent la Nation.
L’incident de Kaolack ne doit pas être banalisé. Il révèle une dérive préoccupante qu’il convient de corriger sans délai, avant que d’autres entorses ne viennent davantage éroder le socle républicain. La République n’est pas une propriété privée ; elle appartient à tous les Sénégalais. Il est grand temps que ses serviteurs s’en souviennent.

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