L’INGRATITUDE, UNE BLESSURE QUI NE SE REFERME JAMAIS : CHEIKH DIBA, L’HOMME QUI A OUBLIÉ CELUI QUI L’A FAIT
Le décès de feu Mouhamadou Moustapha Ba a laissé un grand vide dans le paysage économique et administratif du Sénégal. Homme de conviction, travailleur acharné et reconnu pour sa générosité légendaire, il était également un soutien discret mais constant pour de nombreuses familles et personnalités qui ont croisé son chemin.
À l’approche de chaque Tabaski, alors que beaucoup pensaient à leurs propres préparatifs, Moustapha Ba consacrait une grande partie de son temps et de ses ressources à venir en aide aux plus démunis. Des enveloppes financières aux dons de moutons, nombreux sont ceux qui ont bénéficié de sa solidarité et de sa bienveillance. Pour lui, la réussite n’avait de sens que lorsqu’elle était partagée avec les autres.
Cependant, après sa disparition, un sentiment de déception et d’amertume habite certains de ses proches. Ils estiment que plusieurs bénéficiaires de son soutien se sont éloignés de sa famille au moment où celle-ci avait le plus besoin de réconfort, d’attention et de considération.
Dans cette perception, le nom de Cheikh Diba est parfois cité par ceux qui considèrent que davantage de proximité et de solidarité auraient pu être manifestées envers la famille de celui qui fut un mentor, un collaborateur ou un soutien dans son parcours professionnel. Ces critiques traduisent avant tout une profonde douleur et une attente de reconnaissance envers la mémoire d’un homme qui a marqué son époque.
L’histoire nous enseigne que la gratitude ne se mesure pas seulement dans les moments de prospérité. Elle se révèle surtout dans les périodes difficiles, lorsque les familles endeuillées ont besoin de sentir que les liens tissés durant des années n’étaient pas uniquement fondés sur l’intérêt ou les circonstances.
Au-delà des personnes et des fonctions, cette situation soulève une question fondamentale : que reste-t-il de la reconnaissance lorsque disparaît celui qui a tant donné ? La mémoire de Moustapha Ba mérite d’être honorée non seulement par les hommages officiels, mais aussi par la fidélité, le respect et l’attention accordés à ceux qu’il a laissés derrière lui.
Car l’ingratitude demeure l’une des blessures les plus douloureuses. Elle ne touche pas seulement celui qui a donné ; elle affecte également ceux qui, après son départ, espéraient voir perdurer les valeurs de solidarité, de loyauté et d’humanité qu’il incarnait au quotidien.
