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“MESRI : l’enseignement supérieur en régression”, (SIDES)*

Réagissant à la conférence de presse du SUDES/ESR du 23 Avril 2021, le Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) à la surprise générale, a sorti le 28 Avril, un malencontreux communiqué dans lequel se bousculent les vitupérations contre les responsables du SUDES/ESR et le déni de la réalité des faits dans nos universités publiques. Il a servi les mêmes arguties lors de son passage à l’émission de « jury du dimanche » de RFM.

Malheur à lui, car dans les jours et semaines qui ont suivi ses sorties, il y a eu de nombreuses et véhémentes manifestations d’étudiants, d’enseignants et de syndicats pour dénoncer les exécrables conditions de travail et d’enseignement dans nos institutions publiques d’enseignement supérieur. Ce qui a été un cinglant démenti à ses pompeuses affirmations sur les réalisations du Gouvernement, à l’évidence dérisoires pour un fonctionnement acceptable de ces établissements. C’est pourquoi, le SUDES condamne énergiquement le MESRI qui n’a pu garder son sang-froid et sa sérénité devant des faits évidents révélés au grand public.

Pour le SUDES, il est tout aussi inacceptable, de recourir en ce moment à la notion de représentativité syndicale dans l’enseignement supérieur public, qui n’a pas été concerné par les élections de représentativité syndicale en 2017, en dépit de la demande insistante du SUDES, rejetée par les autorités à l’époque. C’est pourquoi, le SUDES s’indigne que, pour éviter d’affronter les difficiles questions que pose le SUDES/ESR, le MESRI veuille exclure ce syndicat largement représentatif, de toutes les instances de consultation, de concertation et de négociation dans l’enseignement supérieur. Cette manœuvre honteuse de supercherie pour camoufler un ostracisme injustifiable sur fond d’adversité syndicale ne peut passer. Le SUDES exige que le MESRI enlève ses habits partisans pour se comporter de manière républicaine, à équidistance des différents syndicats de l’enseignement supérieur public. A cet égard, il exige d’ores et déjà, l’ouverture sans délai, de négociations sérieuses sur sa plateforme revendicative en lieu et place d’une simple rencontre avec le Directeur de l’Enseignement supérieur pour selon son communiqué, « recueillir l’ensemble des revendications écrites et orales ».

Par-delà cet affrontement verbal en public entre le SUDES/ESR et le MESRI, le SUDES constate avec amertume et une profonde indignation la dynamique de régression continue de notre système d’enseignement supérieur public. Cette dynamique est causée et entretenue par le sous financement chronique du sous-secteur, la détérioration constante des conditions de travail, la gestion tatillonne, incompatible avec la loi sur les franchises universitaires, la relégation de la recherche universitaire au second plan, et des réformes insuffisamment voire mal mises en œuvre, souvent mal pensées. Aussi, le Sénégal se trouve-t-il dans une situation où nos universités publiques (principalement l’UCAD), non seulement ne peuvent prétendre à un quelconque rang dans le classement de Shanghai, mais sont désormais rattrapées et dépassées par de nombreuses universités africaines en termes de qualité et de performance.

Pour pallier ces difficultés objectives de l’enseignement supérieur public sénégalais, nos autorités doivent sortir du déni et travailler avec des partenaires objectifs et critiques. C’est pourquoi, le SUDES exige des autorités de l’enseignement supérieur à tous les niveaux, conformément aux instructions du Chef de l’Etat concernant le dialogue social, la présence du SUDES/ESR à toutes les rencontres d’échanges et de délibération concernant le sous-secteur.

En tout état de cause, le SUDES fidèle à sa ligne de combat au service exclusif de l’éducation publique de qualité et des Enseignants, sera toujours à l’avant-garde des luttes pour une université de développement. Dans une telle perspective, il combattra sans répit le mépris, l’ostracisme et la forfaiture de l’actuel MESRI à l’égard du SUDES/ESR.

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