Justice internationale : Me Malick Sall appelle à lever les malentendus entre l’Afrique et la CPI

La Cour Pénale Internationale (CPI) tient sa légitimité de la confiance que les pays lui apportent. La CPI n’est autre que l’incarnation de la combinaison des souverainetés des Etats parties”, selon le ministre sénégalais de la Justice Garde des sceaux. Me Malick Sall s’est exprimé pendant la conférence de Dakar. La rencontre, qui s’est ouverte ce lundi 23 mai 2022 a pour thème : «  Cour Pénal internationale  et justice nationale dans la lutte contre  l’impunité des crimes du statut de Rome et d’autres crimes graves ou connexes : Enjeux défis et perspectives de la coopération et de la complémentarité ».  Lors de son allocution, le ministre s’est appesanti sur la perception parfois négative que les Africains ont de la CPI. Il urge, donc, d’après lui à lever les incompréhensions :  “La volonté de certains pays africains de se retirer de la Cpi ne milite pas à la consolidation de la justice pénale internationale  et devrait amener une introspection pour restaurer la crédibilité de la cour et préserver les droits fondamentaux. Il ne devrait nullement y avoir un quelconque malentendu entre la cour et les pays africains  notamment au regard de la souveraineté des Etats et du principe de complémentarité de la cour avec les juridictions nationales”.
 
En Effet note Me Malick Sall, une  lecture de ce qui pourrait être considéré comme un désaccord rampant entre l’Afrique et la cour constitue un préalable nécessaire pour cerner le contour et envisager des solutions. «  Les enquêtes menées par la justice internationale  sont orientées plus vers l’Afrique  que toutes autres régions du monde, estiment certains. Les chiffres actuels  de la Cour semblent accréditer  ces estimations. Sur les 25 affaires sur lesquelles elle a été saisi en 2018 tous les Etats concernés, 10 au total étaient en Afrique », dit-il.  “C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, depuis 20 ans, la cour fait l’objet de critiques. Il est donc nécessaire au regard de son bilan, même si pour l’essentiel ces poursuites sont bien fondées, de la réconcilier avec ses premiers partenaires pour lui permettre de recouvrer sa légitimité ».

Cette situation conjoncturelle et regrettable ne devrait pas perdurer  au regard des efforts consentis de part et d’autres  pour en arriver à la création de cette cour » estime le garde des sceaux. À rappeler que 33 pays des 123000 membres du statut de Rome sont du continent africain. 
 
Le ministre a, par ailleurs, souligné les efforts du Sénégal pour promouvoir la justice internationale. Après avoir ratifié le statut de Rome, le Sénégal a modifié ses lois pour se conformer  en prenant en compte les répressions des crimes internationaux. Le Sénégal a aussi joué un rôle prépondérant dans l’instruction de la Cour et le démarrage de ses activités. Il a par ailleurs impulsé et de fort belle manière le processus de ratification du statut de Rome. 

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