Assemblée Générale UMS : Le discours du Président sortant à l’endroit des justiciables de l’État

La magistrature ne peut être la cible permanente de justiciables à qui des faits sont
reprochés. A cet égard, il convient de rappeler une règle procédurale simple, le fait
tel que décrit par les parties est donné au juge , à lui de donner le droit et il n’ est
permis à aucun justiciable de guider l’ action judiciaire en imposant au juge une quelconque décision, nul ne peut être juge et partie et aucun magistrat n’est à l’origine des faits reprochés aux citoyens qu’il doit juger.
Aussi doit-on rappeler que dans une République, le citoyen doit s’ abstenir de tout
acte contraire aux intérêts de la communauté, respecter les institutions, la liberté des
autres et les lois.
L’État de son côté doit veiller à l’exécution des lois, au respect des droits de l’homme
et des libertés fondamentales, a l’obligation de protéger ses administrés et de poser
des limites pour que la liberté des uns n’ entrave pas celle des autres.
La justice doit faire respecter les règles de la vie en société et sanctionner les actes
et comportements interdits par la loi et pour mener à bien sa mission, elle doit être
juste, équitable .

Justice, Médias et Citoyens…

Le Président de l’ums est revenu sur les relations entre les acteurs de la justice, les médias et les Citoyens..

« La perception que les citoyens ont de la justice a beaucoup évolué ces dernières
années ce qui est tout à fait normal puisque le besoin de justice varie d’un individu à
l’autre. Il arrive cependant que les médias utilisent le sensationnalisme ou les
procédures intéressant certaines personnalités pour capter l’ attention du public qui
se base souvent sur une certaine présentation des faits ayant peu de lien avec la
réalité et basée sur de simples analyses qui n’engagent que leurs auteurs pour
étendre cette perception à partir de cas isolés à tout le système judiciaire liant à tort
l’indépendance de la justice au verdict de ces procès, d’ où la nécessité d’ une
ouverture devant permettre un dialogue entre acteurs judiciaires, médias et autres
institutions de la République. Avec l’invitation des responsables de ces institutions à
la cérémonie d ’ouverture de nos travaux, un premier pas vient d’être franchi,
d’autres suivront certainement ; il était également question cette année de convier
des responsables de presse à des journées de réflexion, ainsi que des journées
portes ouvertes dédiées aux étudiants mais un climat politico judiciaire tendu nous a
empêché de réaliser ces projets. »

Débat politico judiciaire le Président Chimère de préciser :

Comme vous l’ avez constaté, le bureau exécutif s’est gardé de prendre position
publiquement dans un permanent débat politico judiciaire ayant dominé l’espace
médiatique ces deux dernières années. Il ne saurait en être autrement puisque notre
serment nous l’interdit formellement et nous exige d’observer la retenue que nos
charges imposent surtout lorsque les juridictions compétentes sont saisies.
L’UMS portant la voix des magistrats, ne peut se permettre d’anticiper sur des
décisions de justice, et a délibérément choisi de laisser les procédures suivre leur
cours normal et de ne faire aucun commentaire sur les décisions rendues par ses
membres dans un sens ou dans l’autre.
Un arbitre ne peut en effet donner une quelconque indication sur l’issue d’un procès
avant ou pendant sa saisine.
Tout citoyen estimant ses droits lésés pour quelque motif que ce soit a la faculté
d’user des voies de droit prévues par la loi.
Dans un débat où chaque acteur a choisi son camp ne voulant entendre que sa
vérité au détriment de la vérité, ceux qui jouent le rôle d’arbitres doivent s’abstenir
d’y participer. En effet face à un bruit confus, aucune voie audible ne peut percer et
il n’est pas surabondant de rappeler que trop de communication tue la
communication.
Nous ne devons cependant pas perdre de vue que du contenu que nous donnerons
à notre travail, dépendra la perception subjective ou objective que la population en
aura.
La justice doit en effet pour son image éviter de jouer un rôle actif dans un
permanent jeu politique fait d’instabilité, de polémiques, et se limiter à réguler la
société puisque dans l’exercice de leurs fonctions, les magistrats ne doivent être
soumis qu’à l’autorité de la loi.
S’il n’est pas discuté que la magistrature est un corps fermé protégé par la loi, nous
ne devons cependant pas perdre de vue que la justice est rendue au nom du peuple
qui a un droit de regard sur son bon fonctionnement, d’où la nécessité d’envisager
l’organisation d’ assises pouvant regrouper toutes les franges de la société pour une
meilleure compréhension des procédures judiciaires. »

Fonctionnement du conseil supérieur de la magistrature le Président Chimère plaide pour ses pairs.

Le fonctionnement du Conseil supérieur de la Magistrature est encore au centre des
préoccupations légitimes des collègues.

La suite des dernières mesures prises sous la forme d’une consultation à domicile,
le bureau a été saisi par beaucoup d’entre nous pour exprimer leur surprise surtout
deux mois après la tenue du conseil en présentiel et l’ampleur des mesures prises.
Face à cette situation, il a par l’ intermédiaire de ma personne saisi Messieurs le
Premier Président de la Cour Suprême et le Procureur Général près ladite cour qui
ont été attentifs à nos préoccupations. C’est ainsi que Monsieur le Premier Président
a convié tous les membres de ce conseil à une rencontre pour solutionner ce
problème, des propositions ont été faites et vous avez eu l’amabilité de les recevoir
pour en discuter, avant d’en faire autant avec le bureau.
Vous avez de ce fait pris la décision de réduire au maximum cette forme
d’affectation qui n’offre aucune garantie sur la carrière des magistrats et de ne
l’utiliser qu’ en cas d’urgence. Une affectation perçue comme une sanction, n’ en
doutons pas, est de nature à affecter le moral de beaucoup de collègues du fait de la
frustration que cela peut entraîner. Le magistrat ne peut être performant que s’il est
psychologiquement à l’aise pour mener à bien sa mission.
Il est temps que des critères clairs et objectifs soient définis pour avoir une
meilleure visibilité sur l’évolution de nos carrières.
Pour cela comme il a eu à le rappeler lors de ses précédentes sorties, le bureau
invite les membres du conseil à jouer pleinement leur rôle et veiller à ce qu’aucun
magistrat ne soit affecté suite à une décision rendue en toute indépendance, tout en
précisant cependant qu’il n’appartient à aucun d’entre nous et au conseil supérieur
de stigmatiser une juridiction déterminée pour en faire un lieu de sanction, en
refusant de s’y rendre pour le premier cas, et en prenant systématiquement pour le
second des mesures d’affectation concernant des collègues à qui des faits seraient
reprochés.
Il est également à préciser à l’attention des collègues que l’UMS n’est pas consultée
pour les mesures prises par le conseil supérieur et se contente de recueillir les
réclamations des collègues concernés à leur suite, et qu’elle a toujours assuré leur
suivi en saisissant le Garde des Sceaux, certaines d’entre elles ayant reçu une suite
favorable, d’autres n’ayant pas eu la même issue. La gestion des carrières est du
ressort exclusif du conseil supérieur de la Magistrature. Il est cependant souhaitable
de tendre vers une démarche inclusive en amont devant permettre à l’UMS d’avoir
son mot à dire et ne plus se contenter de recevoir lesdites réclamations.

La question de la retraite, une autre équation des magistrats…

« La question de la retraite est également au cœur de nos préoccupations. A cette
même période de l’année dernière, le débat était posé sous deux angles, celui de
l’harmonisation de l’âge et du relèvement de la pension.
S’agissant du premier point, on avait insisté sur le fait qu’actuellement dans la
magistrature, les plus jeunes partaient à la retraite laissant sur place les plus âgés du
fait de fonctions occupées par les uns et les autres créant ainsi un déséquilibre dans
le traitement de personnes relevant de la même corporation.
Nous réitérons cette position au vu des nombreux départs à la retraite prévus d’ici
deux ans et du déficit en personnel constaté depuis des années chez nous, et
également de l’augmentation du volume de travail.
Monsieur le Ministre des Finances et du Budget à qui nous demandons de
transmettre nos remerciements pour sa disponibilité a reçu à trois reprises le bureau
pour discuter du second point entre autres, nous en espérons une issue heureuse,
puisqu’un pas important qui sera développé tout à l’heure a été franchi. »

Pour conclure le président Chimère a prié pour le retour de la paix et ceci dira le magistrat…le Sénégal a besoin de tous ces fils .

« Le dernier mot sera de prier pour notre cher Sénégal qui a besoin de tous ses fils
pour grandir, pour que la raison l’emporte sur la passion dans l’optique d’un retour
de la paix sociale qui constitue le charme de notre pays.

La rédaction de Sénégal Info

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