Augustin Marie Ndour : Le visage du combat qui offre des papiers à 2 000 Sénégalais en Espagne
Une avancée majeure pour la diaspora sénégalaise en Espagne. Sur un total de 3500 sénégalais en situation irrégulière en Espagne, près de 2 000 ressortissants de notre pays vont bénéficier d’un programme exceptionnel de régularisation. Une mesure qui suscite espoir et soulagement au sein d’une communauté confrontée, pour certains, à des années de précarité administrative. Les 1500 autres restant pour la plus part inéligible pour le moment car n’ayant pas fait le temps qu’il faut sur le territoire espagnole gardent aussi espoir.
Une communauté majoritairement en règle
Plus de 100.000 sénégalais vivent en Espagne. Ce pays depuis l’Aube des indépendance constitue une des destination les plus convoitée par les Sénégalais. Les données de la Fundación para la Ciudadanía Global exploité par SENENEWS permettent de mieux comprendre la situation des Sénégalais en Espagne.
Sur environ 113 000 Sénégalais vivant dans le pays : les 109 523 sont en situation régulière, soit une très large majorité et 3 500 vivent en situation irrégulière. Avec un taux d’irrégularité estimé à 3 %, la communauté sénégalaise affiche une situation relativement stable, bien en dessous de la moyenne générale (9 %).
2 000 bénéficiaires potentiels
Selon les estimations, environ 2 000 Sénégalais devraient bénéficier directement de cette régularisation. Un chiffre inférieur au nombre total de personnes en situation irrégulière, en raison de critères précis. Il faut noter d’abord le critère de durée de présence , concrètement les personnes arrivées après le 1er janvier 2026 ne sont pas éligibles. Et ensuite il y a les contraintes administratives : la difficulté à fournir certains documents réduit le nombre de dossiers acceptés, avec un taux d’efficacité estimé à 60 %
Une régularisation issue d’une mobilisation citoyenne
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette décision ne relève pas d’une initiative spontanée des autorités. Elle est le fruit d’un long processus porté par la société civile espagnole, à travers une Initiative Législative Populaire (ILP).
Parmi les acteurs clés figurent de Fundación para la Ciudadanía Global( la Fondation pour la Citoyenneté globale) dont le Sénégalais d’origine, Augustin M. Ndour, est le responsable des questions migration . Il s’appuie aussi sur le parti politique Por un Mundo más Justo ainsi que plusieurs autres organisations engagées. Un combat d’une longue haleine. Le processus a nécessité une mobilisation d’ampleur nationale :
Plus de 700 000 signatures collectées, 691 493 signatures déposées auprès de la commission électorale en 2022.
Plus de 500 000 signatures validées en 2023 et aussi une participation de 956 organisations sociales.
Cette dynamique a permis de porter la question au plus haut niveau institutionnel. C’est ainsi qu’un decret royal à soulager des dizaines de milliers de ressortissants, particulier des sénégalais.
Le texte a été examiné par le Congrès des députés, où il a été adopté avec une large majorité : 310 voix pour contre 33 contre. Une validation qui a ouvert la voie à un décret royal encadrant cette régularisation exceptionnelle des migrants.
Derrière cette avancée se cache un engagement de plusieurs années. Depuis 2020, des acteurs associatifs se sont mobilisés pour faire reconnaître les droits des migrants. Ce travail de plaidoyer, souvent discret, a consisté à convaincre partenaires et institutions de la nécessité d’une telle mesure.
Aujourd’hui, cette persévérance semble récompensée.
Si cette mesure constitue une avancée importante, elle ne met pas fin à toutes les difficultés. Une partie des migrants restera confrontée aux réalités de l’irrégularité. Néanmoins, cette régularisation envoie un signal fort : celui d’une reconnaissance progressive du rôle des migrants dans la société espagnole, mais aussi de l’efficacité de la mobilisation citoyenne. Pour la communauté sénégalaise, elle marque surtout une étape décisive vers plus de stabilité et d’intégration
