Dans une sortie médiatique largement relayée sur les réseaux sociaux, Mamadou Sy Tounkara est revenu sur son ancienne collaboration avec Bassirou Kébé, aujourd’hui Directeur général de la Société nationale des habitations à loyer modéré (SNHLM), pour dresser un portrait contrasté de l’homme qu’il dit avoir bien connu.
Selon M. Tounkara, les deux hommes ont travaillé ensemble en 2017 dans le cadre de la préparation des élections législatives. « Bassirou Kébé était avec moi en 2017 lorsque nous préparions les élections législatives. Nous avions une liste indépendante avec d’autres autorités. Il était notre directeur de campagne. Il était calme et posé », affirme-t-il.
Mais d’après lui, le changement serait intervenu après l’adhésion de Bassirou Kébé au Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef). Mamadou Sy Tounkara estime que son ancien collaborateur aurait adopté des positions plus tranchées, notamment à travers certaines déclarations publiques jugées controversées. Il fait référence à des propos attribués à M. Kébé évoquant l’idée de « radier les juges », une position qu’il considère comme excessive.
« La politique ne vaut pas que l’on prenne des positions radicales sur les réseaux sociaux ou à la télévision », soutient-il, appelant à plus de retenue et de mesure dans le débat public.
Une nomination sous le feu des critiques
M. Tounkara a également mis en avant ce qu’il considère comme un manque d’expérience de Bassirou Kébé dans l’administration publique. Selon lui, la direction générale de la SNHLM constitue sa première grande responsabilité au sein du service public.
Il rappelle que la SNHLM, structure historique créée il y a plusieurs décennies, représente une institution majeure dans la politique nationale de logement. « C’est une entité créée avant sa naissance, ce n’est pas n’importe quoi », lance-t-il, soulignant le poids stratégique de l’institution.
Mamadou Sy Tounkara regrette par ailleurs l’absence, selon lui, d’un bilan clairement établi depuis la prise de fonction de l’actuel Directeur général.
Un débat plus large sur la radicalité en politique
Au-delà du cas individuel il formule une critique plus globale à l’endroit du Pastef, qu’il accuse de transformer certains de ses membres en figures « radicales » ou « extrémistes ».
Pour lui, l’engagement politique devrait s’inscrire dans une démarche progressive et mesurée. « Il faut prendre les choses avec légèreté et non les forcer », conclut-il, établissant un parallèle avec la religion, où il estime que la pédagogie et la douceur doivent primer.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique marqué par des débats vifs et une forte polarisation de l’opinion publique, où les prises de position des responsables politiques sont scrutées avec attention.
La Rédaction de Sénégal Infos
