SENEGAL : QUE SE PASSE-T-IL AU NIVEAU DES CHAMBRES DE COMMERCE ?

 

 

Cela fait près de 16 ans que le Sénégal n’a pas organisé d’élections au niveau des chambres de commerce, d’industrie et d’agriculture. La dernière remonte au régime libéral. Elle s’était tenue en 2010. Depuis lors aucune chambre consulaire n’a été renouvelée, excepté celle de Dakar qui a connu une Assemblée Générale à la suite de la disparition de feu Lamine Niang. Pourtant le régime de Macky sall avait promis d’organiser des élections. Des élections qui ne se sont jamais tenues malgré la signature du décret n°2014-47 du 20 janvier 2014. Un silence qui ne dit pas son nom. Entre le 1er Aout 2010, date du premier tour des élections au niveau des chambres de commerce, le Sénégal a organisé pas moins de 3 élections présidentielles, 3 élections législatives, 2 élections locales enfin bref des élections au niveau de toutes les instances électives. Mais comment comprendre une telle situation ? Y-a-t-il des lobbies derrière ce blocage ? que se cache-t-il derrière ce refus ? qui a intérêt à ce que les élections ne se tiennent pas au niveau des chambres de commerce ?

Pourtant les textes sont très clairs selon l’article 7 du décret n°2014-47 du 20 janvier 2014. Il stipule que l’élection doit se tenir chaque 5 ans, le mandat peut être prolongé d’un an voir 2 ans au maximum.

Ce qui veut dire que ces élections auraient dû se tenir au plus tard avant la fin de l’année 2017.

Aujourd’hui les nouvelles autorités sont interpellées sur cette léthargie qui ne dit pas son nom. Un pays sérieux ne peut pas se développer sans des chambres de commerce viables. L’État peut s’appuyer sur ces institutions consulaires pour booster l’économie nationale à travers un financement endogène. Les chambres de commerce peuvent bel et bien jouer un rôle capital dans la vision Sénégal 2050. Dans les pays développés les chambres de commerce sont présentes dans les actionnariats des projets structurants et à forte valeur ajoutée ; c’est notamment le cas en France où la chambre de commerce est actionnaire à Air France. Elle s’occupe aussi de la gestion de plusieurs autoroutes.

Malheureusement, il est triste de constater qu’au Sénégal les chambres de commerce sont dirigées par des Hommes qui n’ont jamais fait leur preuve le secteur privé excepté Serigne Mboup qui dirige l’institution consulaire de Kaolack. Si l’État veut corriger cette erreur, il a l’obligation non seulement d’organiser des élections le plus rapidement possible, mettre en place des critères de sélection pour permettre à ces institutions d’être dirigées par des Hommes qui ne se nourrissent pas des chambres de commerce, mais qui contribuent au rayonnement de ces institutions.

La Rédaction de Sénégal Infos

 

 

 

 

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