« Réunification Ministérielle : Discours de Monsieur le Ministre Doudou KA lors de la Passation de Services »
Monsieur le Ministre Doudou KA,
Monsieur l’Inspecteur général d’État Cheikh Sidya El Moctar BEYE (que je salue avec déférence puisqu’il a été notre patron de 2007 à 2012 en tant que directeur de cabinet du Ministre Délégué chargé du Budget. Il revient donc aujourd’hui dans un ministère qu’il connaît bien),
Messieurs les Secrétaires généraux,
Messieurs les Directeurs de cabinet,
Mesdames, Messieurs les Conseillers techniques,
Mesdames, Messieurs les Directeurs généraux, Directeurs et chefs de services,
Chers agents du Ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, Chers invités,
Mesdames, Messieurs,
L’évènement qui nous réunit ce matin est spécial, pour ne pas dire historique, puisqu’il consacre la réunification du Ministère chargé des finances, du budget, de l’économie, du Plan et de la coopération, après une parenthèse qui aura duré un peu de moins de cinq années.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision de Son Excellence le Président de la République Macky SALL. Car les gens comme moi qui ont duré dans ce ministère (plus de trente ans…) savent tout ce que cela induit en termes de synergies, de fluidité et d’efficience.
Toutefois, il faut à la vérité reconnaître qu’au cours des cinq dernières années, l’existence de deux départements séparés n’a en rien compromis la conception et la mise en œuvre des politiques économique, budgétaire et financière de l’État.
En témoignent les résultats obtenus dans la mise en œuvre du PSE mais aussi dans son ajustement et son adaptation aux crises.
Car les deux départements ont toujours su travailler ensemble, dans la loyauté et la solidarité.
Cela, nous le devons à l’ensemble des agents du MFB et du MEPC, et c’est l’occasion pour moi de les féliciter et les remercier.
C’est également l’occasion d’adresser mes compliments à monsieur le Ministre Doudou KA, pour le travail abattu à la tête du MEPC.
La qualité de nos relations personnelles, qui est bien antérieure à nos fonctions ministérielles, a grandement facilité la collaboration entre nos départements. Je vous souhaite une belle continuation dans votre carrière.
Mesdames, Messieurs,
Le MFB et le MEPC ont su cohabiter harmonieusement mais travailler au sein d’une maison commune procure davantage de gains de productivité.
Et c’est pourquoi je voudrais rassurer, si besoin était, les agents issus du MEPC :
il n’y aura pas de Ministère de l’économie, des finances et du plan à deux vitesses.
Non seulement ce n’est pas ma conception du management mais ce n’est pas dans ma nature non plus.
A partir de maintenant, la famille est rassemblée.
Le mot d’ordre c’est : on oublie de quel département l’on vient et on se tourne, tous ensemble, vers l’avenir. Seul compte là où l’on va.
Le MEFP doit être un bloc soudé, solidaire, gonflé à bloc, car les défis du Sénégal sont nombreux et parmi ces défis, je n’en vois pas un seul qui n’exige pas une participation exemplaire de notre département.
Je n’insisterais pas là-dessus, car l’heure n’est pas aux longs discours.
Nous aurons l’occasion de revenir sur tous ces enjeux et nous discuterons, au sein de ce nouveau département, de la meilleure manière d’organiser le travail pour atteindre nos objectifs.
Pour le moment, je voudrais vous souhaiter, à toutes et à tous, un Ramadan de même qu’un Carême de paix, de santé et de fraternité.
Je vous remercie de votre attention.
En ce début béni du mois de Ramadan, je tiens avant tout à demander pardon à chacun et chacune d’entre vous. Si, d’une manière ou d’une autre, mes actes ou mes décisions ont pu occasionner un quelconque préjudice à un proche, à un collaborateur ou à un partenaire, j’en suis vraiment désolé.
Que Dieu, dans Sa miséricorde infinie, nous pardonne à tous nos péchés. J’implore Sa clémence pour que le Sénégal soit préservé de toute calamité ou difficulté qui pourrait entraver son développement.
Le rendez-vous républicain qui nous réunit aujourd’hui consacre la passation de service entre le ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération sortant (que je suis) et le nouveau ministre de l’Economie, des finances et du Plan entrant, mon ami et grand frère Mamadou Moustapha BA.
Il s’agit en réalité de retrouvailles d’une famille autrefois dispersée, et qui se réunit à nouveau. Et, c’est un choix politique pertinent car, dans le grand livre de la prospérité, on pourrait dire que l’économie est la plume qui esquisse les scénarios de croissance, tandis que les finances en sont l’encre qui traduit ces perspectives en actions tangibles. En d’autres termes, si l’économie dessine le paysage de la croissance, ce sont plutôt les finances qui en tracent le chemin pour atteindre les objectifs prometteurs.
La nécessité de réunifier ces deux Départements est une démarche qui vise à instaurer davantage de cohérence et d’efficacité.
Par-delà ces considérations techniques, ces retrouvailles symbolisent les liens étroits qui m’unissent à mon ami et grand frère, MamadouMoustapha BA que je félicite pour la très haute confiance ainsi placée en sa personne pour diriger ce ministère stratégique.
Monsieur le Ministre et cher grand–frère,
Le choix porté sur votre personne est amplement mérité pour qui connaît votre parcours exceptionnel, votre humilité, votre disponibilité et surtout votre compétence et votre grande maîtrise des dossiers.
J’ai eu le privilège de partager de siéger au Conseil des Ministres de la République du Sénégal en même temps que vous. Ce cadre prestigieux, qui a vu passer de nombreuses personnalités de valeur depuis l’époque de Léopold Sédar Senghor, est un véritable creuset d’échanges et de réflexion où sont prises des décisions importantes qui engagent le destin de millions de Sénégalais.
Au-delà du plaisir d’y avoir côtoyé des hommes de valeur comme vous, cela a été un immense honneurpour moi de faire partie de cette poignée d’hommes et de femmes au service de ce Sénégal souverain, devenant ainsi le 6ème fils de la Casamance à occuper un département ministériel de souveraineté.
Ces instants privilégiés demeureront éternellement inscrits dans nos souvenirs.
Cher collègue,
Que la grâce divine éclaire votre chemin dans la poursuite de votre mission aux côtés du Président de la République, SEM Macky SALL, un homme d’État exceptionnel qui m’a honoré en m’associant au plus haut niveau tout au long de son magistère.
Veuillez lui transmettre mes plus sincères remerciements. Qu’il sache que je lui voue une reconnaissance éternelle pour m’avoir offert de vivre cette expérience enrichissante.
En cet instant solennel où je quitte mes fonctions, je tiens à rendre un hommage mérité à ces collaborateurs dévoués qui m’ont permis de remplir ma part de mission avec des résultats fort appréciables.
Je vous confie le flambeau, convaincu que le ministère continuera à jouer un rôle déterminant dans laconstruction de la prospérité future de notre cher pays.
Durant cette délicate période de transition, soyez assuré que vous pourrez toujours compter sur mon soutien sans réserve.
Par ailleurs, je vous encourage vivement à vous appuyer sur les équipes déjà constituées, dont je tiens à saluer l’engagement, la loyauté et la compétence, comme en témoignent et surtout les résultats appréciables qu’elles ont su atteindre en si peu de temps.
Mesdames et messieurs,
Il existe des moments décisifs dans la vie d’un homme où le sens du devoir dicte des choix historiques, au nom des intérêts supérieurs de sa nation et de son peuple.
Aujourd’hui, je me tiens à ce carrefour, guidé d’autre part, par mon engagement indéfectible envers les valeurs républicaines et démocratiques, d’autre part, par un profond sentiment de devoir accompli pour avoir eu le privilège de servir notre cher pays, le Sénégal, au cours des 12 dernières années et d’avoir eu l’honneur de contribuer à des avancées significatives, telles que la conception des grands projets du chef del’Etat, la conception du financement de l’aéroport de Diass, du pont de Sénégambie, du pont de Foundiougne, , la construction et la réhabilitation des aéroports régionaux, la conception et le financement de la mise en œuvre Stratégie Hub aérien, la mobilisation de plus de mille cinq cent milliards de financement extérieurs, en cinq mois et plus récemment, finalisation du PAP 3 du PSE et du recensement au ministère de l’Économie.
Mesdames et messieurs,
Chers invités,
Depuis mon entrée en fonction en octobre 2023, soit au cours des cinq derniers mois, nous avons réussi à conclure 30 accords, que ce soit avec nos partenaires bilatéraux ou multilatéraux, pour un montant significatif de 1 348 milliards de F CFA. Ces accords représentent des leviers essentiels sur lesquels notre économie s’appuie afin de financer des projets sans recourir au budget national.
En matière de partenariat, nous nous sommes efforcés à élargir la gamme de nos sources et mécanismes de financement afin de toucher des secteurs variés etvitaux de notre économie.
Les partenaires ont contribué à hauteur de 59% du montant global, soit 791 milliards de F CFA, tandis que les banques commerciales ont apporté 41%,totalisant ainsi un montant de 557 milliards de F CFA.
Cette diversification témoigne de notre engagement à soulager au maximum le budget national en maximisant les opportunités de partenariats fructueux dans tous les domaines vitaux de notre économie.
C’est le moment opportun pour exprimer une reconnaissance particulière envers nos partenaires financiers, dont l’apport a été essentiel dans la mobilisation de ces ressources.
Pour ce qui est de la répartition sectorielle de ces fonds, nous avons accordé une attention particulière à des domaines essentiels pour le développement de notre nation. Les transports et les infrastructures ont bénéficié de 34,4% du total des engagements, incluant des projets majeurs tels que la construction de l’Autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis et l’assainissement de la corniche Ouest.
Le financement du secteur de l’Agriculture représente 11,4% du montant total des engagements, tandis que les secteurs de l’Industrie et de l’Eau/Assainissement ont respectivement reçu 10,4% et 9,6% du total des fonds engagés.
De plus, un appui substantiel a été accordé au secteur de la Santé et Protection sociale, avec une attribution de 10,3% du montant global, principalement dédiée au projet de construction de l’hôpital de Saint-Louis
Par ailleurs, j’ai estimé nécessaire, dès ma prise de fonction, d’initier des actions soutenues visant à transformer le secteur privé national en un acteur dynamique et en un partenaire efficace pour concrétiser la Stratégie Nationale de Développement du Secteur Privé.
Ces initiatives ont donné lieu à des rencontres substantielles avec l’ensemble des grandes organisations patronales, favorisant ainsi une convergence de perspectives sur les attentes et les besoins des entreprises, tout en identifiant les mesures correctives nécessaires pour renforcer leur contribution au développement économique.
Au plan interne, et en vue de garantir une meilleure cohérence et efficacité, j’ai constamment œuvré à réduire le cloisonnement entre les services. Cela s’est traduit par la mise en place de mécanismes de partage et de suivi, notamment avec l’implication de la Direction Générale de la Planification et des Politiques Economiques dans les négociations des conventions.
En 2022, la loi d’orientation du système national de planification a été adoptée, offrant à notre pays un cadre réglementaire unifié en matière de planification du développement économique et social.
Les textes subséquents ont été introduit dans le circuit pour validation et adoption.
Il s’est avéré nécessaire de renforcer l’accompagnement des ministères sectoriels et autres organismes de l’État en matière de structuration des financements, assurant ainsi leur alignement sur les axes du PAP3.
Mesdames et messieurs,
Chers invités,
Je tiens à souligner à sa juste valeur le rôle de catalyseur que le Système des Nations Unies continue de jouer dans le soutien au développement de notre pays. Cela se manifeste à la fois par le plaidoyer et le renforcement du dialogue politique, ainsi que par la formulation de stratégies de politique économique et sociale.
Ensembles, nous sommes parvenus à élaborer un cadre commun consensuel des interventions attendues du Système des Nations Unies pour la période 2024-2028 et avec un arrimage parfait au PAP 3.
Les engagements financiers portent sur une enveloppe de 814 Millions de Dollars US $ US soit environ 488 milliards de francs CFA.
Je suis ravi de partager avec vous une nouvelle encourageante qui devrait réjouir chacun d’entre vous. Pendant mon bref et fugitif passage dans ce ministère stratégique, le Sénégal a accompli l’exploit de déposer un dossier complet en vue de sortir de la liste des pays les moins avancés. J’ai une confiance totale que ce dossier aboutira favorablement dans un proche avenir. Cette une légitime demande que justifie nos performances économiques et notre engagement à renforcer notreposition sur la scène internationale.
Je ne saurais conclure sans adresser un mot de remerciement aux vaillantes femmes du ministère qui viennent de célébrer avec panache la Journée internationale des droits des femmes.
L’analyse du binôme « genre et économie » nous interpelle toujours sur l’impact des inégalités de genre sur l’économie inclusive et identitaire. Comprendre et aborder ces inégalités de genre au sein de notre système économique est essentiel pour promouvoir un développement économique inclusif et durable.
A ce titre, j’inviterai à mon successeur de veiller à la formation du top management afin de mieux intégrer la perspective genre dans nos politiques et pratiques. Cela s’avère essentiel pour créer un environnement de travail inclusif, élaborer des politiques publiques et pratiques administratives équitables et promouvoir un développement durable, inclusif et identitaire.
Je vous remercie de votre aimable attention.
Doudou KA
la rédaction Senegalinfo.sn



