Les initiateurs du Manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » montent au créneau. Dans une lettre ouverte datée du 11 juillet 2026, ils contestent avec fermeté la décision de la secrétaire générale du Parti socialiste, Aminata Mbengue Ndiaye, de suspendre jusqu’à nouvel ordre toutes les activités à la Maison Léopold Sédar Senghor, siège national du parti. Ils estiment que cette mesure est dépourvue de base juridique et constitue une nouvelle illustration d’une gouvernance qu’ils jugent de plus en plus éloignée des principes démocratiques internes.
Selon les auteurs du manifeste, la décision de fermeture du siège national ne repose sur aucun fondement statutaire ou réglementaire. Ils rappellent que ni les statuts ni le règlement intérieur du Parti socialiste ne confèrent à la secrétaire générale le pouvoir d’interdire l’accès à la Maison du Parti. À leurs yeux, ce bâtiment est un patrimoine collectif appartenant à l’ensemble des militants et ne saurait être transformé en un espace réservé à une seule sensibilité politique.
Au-delà de l’aspect juridique, les signataires dénoncent également les conséquences politiques d’une telle décision. À l’heure où les différentes formations politiques préparent les prochaines échéances électorales, ils estiment que la fermeture du siège national envoie un signal de repli et affaiblit davantage un parti déjà confronté à une perte d’influence sur la scène politique sénégalaise. Ils considèrent que la Maison Léopold Sédar Senghor doit rester un lieu de débat, de mobilisation et de vie militante.
Les auteurs du texte vont plus loin en dénonçant un fonctionnement interne qu’ils jugent de moins en moins conforme aux textes du parti. Ils affirment que les réunions statutaires sont progressivement remplacées par des rencontres informelles auxquelles seuls certains responsables sont conviés, tandis que plusieurs membres des instances dirigeantes en sont exclus. Ils disent également faire l’objet d’accusations de fractionnisme destinées, selon eux, à discréditer leur démarche plutôt qu’à répondre au débat de fond qu’ils souhaitent ouvrir.
Le collectif revient aussi sur la récente assemblée générale des secrétaires généraux de coordination. Il estime que cette rencontre, organisée au domicile de la secrétaire générale, ne constitue pas une instance décisionnelle du Parti socialiste. Les initiateurs du manifeste soulignent qu’elle n’aurait réuni que 15 secrétaires généraux sur les 138 que compte le parti et considèrent, par conséquent, que les résolutions adoptées ne peuvent engager l’ensemble de l’organisation.
Autre point de discorde : le rapport de la Commission spéciale de relance. Les signataires affirment n’avoir jamais reçu le document dans son intégralité malgré leurs demandes répétées. Selon eux, seules les conclusions du rapport leur ont été transmises, contrairement aux affirmations de la direction. Ils s’appuient notamment sur la lettre de transmission du 24 février 2026, qui mentionnerait explicitement l’envoi des seules conclusions et propositions de réforme.
Estimant que cette situation nourrit un manque de transparence au sein du parti, les initiateurs de « Dundal PS » préviennent qu’ils utiliseront « toutes les voies et tous les moyens appropriés » pour défendre le droit des militants à accéder à leur siège national et à faire fonctionner normalement les organes statutaires.
Malgré ces critiques, les auteurs concluent leur lettre sur un appel au dialogue. Ils réaffirment que leur initiative vise avant tout à favoriser la renaissance d’un Parti socialiste « rassemblé, modernisé, transparent », capable de renouer avec sa base militante, sa jeunesse, les territoires et la diaspora.
