Affaire l’opposant à l’ex-commandant de la gendarmerie Ibrahima Dramé : le général Moussa Fall gagne le procès
Pendant dix mois, un homme a été privé de liberté. dix mois sans que des preuves irréfutables ne soient opposées à l’opinion publique. Puis, soudain, la porte s’ouvre : Tahirou Sarr est libre, et le parquet choisit de ne pas faire appel. Ce silence institutionnel résonne plus fort que mille communiqués.
Que s’est-il passé entre hier et aujourd’hui pour qu’une détention jugée nécessaire devienne, en une décision, indéfendable ? La question ne vise pas un homme, mais un système. Car une justice qui emprisonne longtemps sans démontrer clairement le fondement de ses accusations abîme la confiance, fragilise l’État de droit et nourrit le soupçon d’arbitraire.
La lutte contre la délinquance financière est légitime. Mais elle ne peut se mener au mépris des garanties fondamentales. La détention provisoire doit rester l’exception, non la règle. Elle exige des motifs solides, une instruction diligente, et une redevabilité constante devant la nation.
Aujourd’hui, le Sénégal est à un carrefour. Soit il corrige ces dérives — lenteurs, opacité, décisions inexpliquées — soit il accepte que la justice perde ce qui fait sa force : la crédibilité.
Nous réclamons une justice juste, équitable et impartiale.
Ni complaisante, ni brutale. Ferme avec les faits, humaine avec les droits.
La liberté de Tahirou Sarr doit devenir le début d’une réforme, pas la fin d’un malaise.
La Rédaction de Sénégal infos
