AFFAIRE FARBA NGOM : FACE AUX MENSONGES ORGANISÉS, LA JUSTICE REFUSE DE PLIER ET MAINTIENT LA PROCÉDURE

Dans un climat politique déjà sous tension, l’affaire liée à la levée de l’immunité parlementaire de Farba Ngom révèle une autre bataille, plus insidieuse : celle de la narration. Alors que certains relais médiatiques s’empressent d’annoncer une prétendue annulation de la procédure, la réalité judiciaire, elle, est toute autre. Et elle mérite d’être dite, sans fard ni manipulation.
Car non, la procédure n’est pas annulée. Ce qui est en jeu, ce sont des actes spécifiques, susceptibles d’être réexaminés ou corrigés dans le strict respect du droit. Rien qui ne justifie les annonces hâtives, encore moins les conclusions définitives servies à l’opinion comme des vérités gravées dans le marbre. Cette confusion savamment entretenue interroge : s’agit-il d’une simple méconnaissance des mécanismes judiciaires, ou d’une stratégie délibérée visant à orienter le débat public ?
La sortie de Aïssata Tall Sall, dénonçant un « coup dur pour l’Assemblée nationale », a certes donné une coloration politique à l’affaire. Mais au-delà des prises de position, une ligne de démarcation nette doit être tracée entre le champ politique et l’indépendance de la justice. Car c’est précisément dans ces moments de forte exposition médiatique que les institutions sont mises à l’épreuve.
La justice sénégalaise, souvent critiquée, parfois contestée, se retrouve ici face à un test de crédibilité. Et pour l’heure, elle envoie un signal clair : celui de la continuité. Ni emballement, ni recul. Simplement l’application du droit, dans ce qu’il a de plus exigeant et de plus rigoureux.
En réalité, ce qui se joue dépasse le cas individuel. C’est une bataille autour de la vérité, dans un espace public de plus en plus saturé d’informations approximatives, voire orientées. Transformer une décision technique en annulation totale relève moins de l’analyse que de la mise en scène. Et dans cette mise en scène, le risque est grand de fragiliser la confiance des citoyens envers les institutions.
Il appartient donc à chacun — acteurs politiques, médias, observateurs — de faire preuve de responsabilité. Car la démocratie ne se nourrit pas de raccourcis, encore moins de contrevérités. Elle exige de la rigueur, de la nuance et une fidélité constante aux faits.
Dans l’affaire Farba Ngom, la justice n’a pas dit son dernier mot. Et malgré le tumulte, elle semble déterminée à rester sur sa ligne : celle du droit, rien que du droit.

La Rédaction de Sénégal

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