Abdou Karim Fofana : « C’est quand la justice n’est pas rendue qu’on sème les causes de la perturbation et de l’instabilité »

Après les manifestations violentes des militants d’Ousmane Sonko pour dénoncer la manière dont leur leader est traité, le porte-parole du gouvernement a évoqué avec « L’AS » la situation tendue d’hier. Selon Abdou Karim Fofana, nul ne peut bloquer le fonctionnement de la justice dans le pays et que la situation est sous contrôle.

Monsieur le ministre, on vient de vivre une journée chaude. Quel commentaire en faites vous ?

Nul ne peut bloquer le fonctionnement de la justice dans notre pays. Les tentatives de pression sur la justice ont échoué. Les forces de défense et de sécurité (FDS) ont maintenu l’ordre public. Par leurs actions, elles ont prévenu et déjoué les tentatives de troubles planifiées par des éléments de l’opposition. Les FDS ont ainsi rappelé que nul ne peut user de subterfuges pour se soustraire à la justice dont elles ont assuré le bon fonctionnement. Et quand on passe son temps à lancer des appels à l’insurrection, un dispositif est mis en place pour parer à toute éventualité. Le procès s’est tenu comme prévu, malgré les tentatives de sabotage et de manipulation du prévenu, les droits de la défense sont respectés et la procédure suit son cours. Il y a eu un fonctionnement normal de la justice avec l’acceptation de toutes les demandes de renvoi pour constitution nouvelle d’avocats ou pour maladie imaginaire. Il faut aussi noter la sérénité de la justice face aux insultes du prévenu.

On a noté beaucoup de bavures, des bus saccagés et brûlés. La démocratie n’a-t-elle pas pris un coup, du moins son image ?

La situation est sous contrôle. Malgré quelques échauffourées, actions isolées et foyers de tension rapidement éteints, la situation est sous contrôle. L’appel irresponsable du prévenu à assiéger le tribunal n’a pas prospéré. Il a été mis à la disposition du juge puis raccompagné chez lui sans incidents majeurs. D’ailleurs, on note qu’il n’y a pas de comparaison possible par rapport à mars 2021. Hier, l’action des FDS a rendu impossible un embrasement généralisé malgré les tentatives vaines de l’opposition. Dans leur stratégie de manipulation grossière, les groupes d’opposition sur les réseaux sociaux ont été contraints de partager des images de mars 2021 pour faire croire à une situation tendue. Les incidents isolés (concernant notamment un bus, un magasin, un bâtiment privé) se comptent sur les doigts d’une main. Les populations ont vaqué tranquillement à leurs occupations. Leur droit de circuler librement a été garanti notamment en obligeant le prévenu à respecter l’itinéraire tracé pour éviter de paralyser la circulation des personnes et des biens. Et tout cela est un signe de vitalité démocratique et de liberté.

Ne faut-il donc pas renoncer au procès pour sauver la paix ?

La justice est source de paix et de stabilité. C’est quand elle n’est pas rendue que l’on sème des sentiments qui sont sources de perturbation et d’instabilité. Dans un État de droit, celui qui est victime d’accusation doit avoir le droit de demander que la justice soit rendue et celui qui accuse doit apporter la preuve de ses accusations. C’est ce qui grandit notre nation et notre vie politique.

On note aussi des bavures contre des journalistes. Cela donne une image néfaste à notre image. Votre commentaire ?

Ce sont des choses regrettables quelle que soit l’origine des violences. Lors d’échauffourées de cette nature, il peut arriver des incidents involontaires. Mais dans une démocratie comme le Sénégal, il est impossible que des actes de cette nature visent des journalistes.

Entretien réalisé par El Hadji Fallilou FALL, L’as Quotidien

La rédaction de Sénégal Info

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