Depuis plusieurs mois, le média Afrique Confidentiel multiplie les articles à charge contre le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko. Sous couvert d’enquêtes confidentielles, il diffuse des informations graves, souvent invérifiables, et parfois totalement fausses. De la prétendue falsification de rapports publics à des accusations d’espionnage ou de corruption à l’étranger, rien ne semble trop gros pour salir l’image du chef du gouvernement sénégalais. Une stratégie bien rodée qui pose une question essentielle : à qui profite cette désinformation ?
Un média à part : influence ou manipulation ?
Peu connu du grand public, Afrique Confidentiel est un média étranger à accès payant, dont les publications sont très consultées dans les cercles diplomatiques, économiques et politiques africains. Son style est toujours le même : des « révélations exclusives » issues de sources anonymes, sans preuves concrètes, mais avec des titres suffisamment forts pour provoquer des remous.
Régulièrement critiqué pour son manque de transparence et son goût prononcé pour les rumeurs, le média semble désormais avoir un objectif clair : décrédibiliser le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko.
Une campagne de désinformation bien orchestrée
Voici quelques exemples récents d’articles publiés par Afrique Confidentiel, tous centrés sur Ousmane Sonko :
9 avril 2025 : « Crise politique au Sénégal : Ouattara convoque Sonko à Abidjan »
Aucune preuve de cette rencontre. Ni la présidence ivoirienne ni celle du Sénégal n’ont confirmé une telle convocation.
7 mars 2025 : « Sonko dépouille l’armée et menace l’intégrité territoriale »
Affirmation grave et non étayée. Aucune mesure officielle n’a été prise contre les Forces armées.
16 mars 2025 : « Espionnage au sommet de l’État : Sonko surveille Diomaye et le Général Biram Diop »
Un récit fictionnel, qui frôle la théorie du complot.
12 février 2025 : « Manipulation des comptes publics : une tentative grossière de réécriture de l’histoire »
Aucun fait ou chiffre ne vient étayer cette accusation.
13 novembre 2024 : « Les comptes bancaires malaisiens d’Ousmane Sonko révélés »
Jusqu’ici, aucune trace ou document ne prouve l’existence de tels comptes.
1er novembre 2024 : « Sonko possède un patrimoine de plus de 15 milliards FCFA »
Le patrimoine du Premier ministre est public et consultable. Aucune mention de ce chiffre n’y apparaît.
Ces publications ont un point commun : elles reposent sur des informations invérifiables et des formules vagues (« selon nos sources », « d’après un informateur haut placé »). Pourtant, certains médias locaux les reprennent sans vérifier, contribuant à propager la désinformation.
L’affaire Simon Faye : quand le relais devient complice
Le journaliste Simon Faye de Sen TV a été récemment interpellé par la Division des investigations criminelles (DIC) pour avoir diffusé à l’antenne certaines de ces fausses informations. Son cas illustre un phénomène préoccupant : la légèreté avec laquelle certains professionnels de l’information relayent des contenus non sourcés, souvent sensationnalistes, sans aucun travail de vérification préalable.
Un enjeu de souveraineté informationnelle
La multiplication de ces attaques contre le Premier ministre sénégalais pose une question majeure : pourquoi cette fixation sur Ousmane Sonko ? Est-ce une manœuvre politique déguisée ? Un outil d’influence étrangère ? Ou simplement un business de l’information sensationnelle ?
Dans tous les cas, il devient urgent de repenser notre rapport à ces médias dits « confidentiels », souvent installés à l’étranger, mais très influents sur le continent. L’Afrique ne peut plus être le terrain de jeu d’une presse étrangère qui se croit tout permis, sous prétexte de « révélations ».
Le temps du discernement
L’affaire Afrique Confidentiel n’est pas qu’un épisode médiatique. Elle révèle une bataille plus large autour de la souveraineté narrative, de la vérité, et du respect de nos institutions. Journalistes, citoyens, responsables politiques : chacun a un rôle à jouer pour mettre fin à la manipulation de l’opinion.
En démocratie, la critique est saine. La calomnie, elle, est un poison. Et celui-ci se propage vite — surtout quand il porte le masque du journalisme.
La Rédaction de Sénégal info
