La main invisible d’Aminata Touré

Selon Jeune Afrique citée par Le Quotidien dans son édition du 4 janvier 2023, elle a été épinglée par un rapport d’audit de l’IGE qui a décelé un trou de 2milliards FCfa, dans sa gestion au Conseil économique social et environnemental (Cese). De plus, Mimi sait qu’elle n’échappera peut-être pas aux poursuites judiciaires, cause pour laquelle elle active des leviers pour le départ d’Ousmane Diagne.

Un an après sa nomination comme premier ministre de la Justice du régime de Diomaye, Ousmane Diagne, fait l’objet d’attaques de la part des députés de la majorité parlementaire et de certains militants du parti au pouvoir. Ils dénoncent tous une lenteur dans la conduite de la reddition des comptes. La plus récente a provoqué sa déclaration à l’Assemblée nationale, le mercredi 2 avril 2025 lors du vote de la loi d’amnistie interprétative. «Que personne ne compte sur moi pour faire la moindre pression sur les magistrats du siège. Je suis extrêmement satisfait de la manière dont la Justice est rendue», a-t-il répondu aux députés qui s’offusquaient de la lenteur dans l’arrestation des dignitaires du régime de Macky Sall trempés dans des scandales.
Derrière ces attaques injustifiées, on sent la main invisible de commanditaires tapis dans l’ombre aux desseins inavoués. Dans une sortie médiatique récente, Aminata Touré a adopté la même posture, dénonçant, elle aussi, une lenteur dans la traque des pro-Macky. Curieusement, cette même Mimi Touré qui accuse la Justice de lenteur avait pris un an avant de faire arrêter Karim Wade et ses partisans, lors de la traque des biens mal acquis en 2013. Logique pour logique, ne devrait-elle pas démissionner pour être entendue par la Justice ? Selon Jeune Afrique citée par Le Quotidien dans son édition du 4 janvier 2023, elle a été épinglée par un rapport d’audit de l’IGE qui a décelé un trou de 2milliards FCfa, dans sa gestion au Conseil économique social et environnemental (Cese). De plus, Mimi sait qu’elle n’échappera peut-être pas aux poursuites judiciaires, cause pour laquelle elle active des leviers pour le départ d’Ousmane Diagne.
Le régime de Diomaye a tout intérêt à tirer les leçons de la reddition des comptes sous Macky. La traque des biens mal acquis a été transformée en une chasse aux sorcières dirigée contre la famille libérale par Aminata Touré, ancienne ministre de la Justice sous Macky. Durant son magistère, elle a installé un règlement de compte politique qui a épousé les contours d’une justice des vainqueurs dont les Libéraux ont été les cibles de première loge.
En ce qui le concerne, Ousmane Diagne reste et demeure un technocrate et non un politicien dont la démarche a toujours consisté à considérer la Justice comme un bras armée de l’Exécutif. Ses propos tenus devant les députés ne sont, en effet, qu’une suite logique tant dans la démarche que dans la méthode. Ousmane Diagne a toujours été constant en refusant d’incarner une Justice aux ordres. Sous Wade, il avait refusé de faire arrêter Macky Sall, Alioune Tine, Aïda Ndiongue ou encore Thiat de Yen a marre et bien d’autres encore. Sous Macky, il avait refusé de requérir un non-lieu total pour Barthélémy Dias dans l’affaire Ndiaga Diouf. Il avait aussi dénoncé les violations des droits de Karim Wade et de Sonko. Ce qui lui a valu moult représailles. Et cette position de principe fut réitérée le 3 mai 2013, lors de sa passation de service avec Serigne Bassirou Guèye. «Je n’ai jamais été autre chose qu’un procureur de la République et pas un procureur du gouvernement. A chaque fois qu’il m’a été possible de dire non, j’ai dit non de la façon la plus ferme, la plus irrévocable. Je n’ai aucun regret. L’indépen¬dance, ça s’assume et ça se paie. La justice est rendue au nom du peuple sénégalais et pas au nom de qui que soit d’autre. Si c’était à refaire, ce que j’ai fait pour mériter de partir, je l’aurais refait. Je n’ai usé du devoir de déplaire. J’en ai même abusé et j’en suis fier». Il venait d’être limogé de ses fonctions de procureur de Dakar pour avoir refusé de satisfaire aux désidératas de l’Exécutif. Ce discours mémorable fait date dans l’histoire judiciaire du Sénégal.

Rédaction de sengalinfo

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