Si les premières demandes peuvent encore être traitées au compte-gouttes depuis l’incident technique, les duplicata et renouvellements après annulation restent bloqués. Des milliers de Sénégalais vivent une véritable impasse administrative.
Une reprise partielle qui ne dit pas son nom
Après l’incident technique survenu au cœur du système de production des cartes nationales d’identité, les autorités avaient annoncé une reprise progressive. Mais sur le terrain administratif, la réalité apparaît plus nuancée.
Selon plusieurs constats, il est encore possible, dans certains cas, d’obtenir une carte nationale d’identité lorsqu’il s’agit d’une première demande. Une situation qui donne l’impression d’un redémarrage du système.
Cependant, cette reprise reste très limitée et inégale, loin de concerner l’ensemble des usagers.
Duplicata et renouvellements : le véritable point noir
La situation devient critique pour ceux qui souhaitent obtenir :
un duplicata
ou une nouvelle carte après annulation de l’ancienne
Pour ces catégories, la procédure semble totalement à l’arrêt. Les dossiers s’accumulent, mais la production des cartes, au niveau de la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF), ne suit pas.
Ces usagers se retrouvent dans une situation particulièrement fragile : contrairement aux primo-demandeurs, ils ont souvent déjà été intégrés dans le système, mais ne peuvent plus accéder à leur document.
« J’ai annulé ma carte… aujourd’hui je n’ai plus rien »
Devant cette situation, les témoignages traduisent une profonde détresse. Un usager, ayant requis l’anonymat, explique :
« J’ai annulé mon ancienne carte pour en faire une nouvelle, comme on me l’avait demandé. Mais depuis, je n’ai plus aucun document. On nous parle de reprise, mais à la DAF, les cartes ne sortent pas. C’est comme si on était oubliés. »
Pour ces citoyens, le problème est double : non seulement ils attendent leur nouvelle carte, mais ils ont également perdu toute possibilité de se justifier administrativement.
Une chaîne de production toujours fragilisée
Le blocage actuel met en évidence une réalité : le cœur du système, à savoir la production centralisée des cartes, reste perturbé.
Si certaines opérations semblent avoir repris, notamment pour les nouveaux demandeurs, les cas plus complexes — comme les duplicata ou les renouvellements — nécessitent des traitements spécifiques qui semblent encore indisponibles.
Une inégalité face au service public
Cette situation crée une forme d’inégalité entre citoyens :
d’un côté, ceux qui peuvent encore entrer dans le système via une première demande
de l’autre, ceux qui, déjà enregistrés, restent bloqués sans solution
Un paradoxe qui interroge sur la capacité du dispositif à gérer les situations sensibles, notamment en période de crise technique.
Une urgence administrative persistante
Au Sénégal, la carte nationale d’identité est indispensable pour de nombreuses démarches : emploi, banque, concours, déplacements. Son absence plonge rapidement les citoyens dans une forme d’exclusion administrative.
Pour les personnes en attente de duplicata ou de renouvellement, chaque jour sans document accentue les difficultés.
Entre attente et incertitude
Face à cette crise, les usagers attendent désormais des réponses claires :
une reprise effective et globale de la production
un calendrier précis
et une communication transparente sur les catégories de demandes réellement traitées
En attendant, malgré les annonces officielles, une partie importante de la population reste en marge du système. Et pour ces Sénégalais, la reprise tant annoncée n’est toujours pas une réalité.
